L'oeuvre atemporelle de Nicolas Villenave

"le chant du filament" est une installation immersive présentée du 18 au 29 novembre 2015 à la Chapelle du CROUS.

Le chant du filament © Nicolas Villenave Le chant du filament © Nicolas Villenave

Nicolas Villenave, artiste plasticien

Comment s’est faite ta rencontre avec le milieu scientifique ?

C’est avant tout une rencontre humaine qui m’a ouvert les portes de ce milieu. J’ai commencé à travailler sur « Le Chant du filament » en 2011, dans mon coin, et ce grâce aux différentes expériences que j’avais acquises dans le milieu du spectacle vivant en tant qu’éclairagiste.  J’avais alors un usage « naïf » des différents outils technologiques. Ma connaissance de la scène arts et sciences se limitait aux spectacles que je côtoyais au fil des créations et des tournées : je n’avais donc aucun préconçus. C’est en 2013 que j’ai rencontré Jaime Chao et Clément Bossut qui travaillent aujourd’hui avec moi en résidence. Grâce à eux, j’ai pu m’immerger dans la recherche et développer de nouvelles perspectives au travers notamment de travaux autour de la générativité ou de la modélisation.

Comment cette rencontre a fait évoluer l’installation et ton rapport à la science ?

Selon moi, cette rencontre a orienté le fond du travail de création du « Chant du filament ». Leur positionnement m’a permis de sortir d'un certain « formatage » technique, grâce à la découverte de nouveaux champs d’exploration. Ma sensibilité artistique est toujours la même, assise sur mon expérience : je la définirais comme « atemporelle ». Les sciences ont permis d’aiguiser cette sensibilité sur des préoccupations plus concrètes car selon moi, elles révèlent le potentiel de notre époque. « Le Chant du filament », œuvre qui s’appuie sur une technologie passée (la lampe à incandescence) et à venir (le logiciel I-Score) reflète l’intemporalité de ma sensibilité.

Comment vois-tu la suite du Chant du filament et de tes collaborations avec les scientifiques ?

Même si les solutions financières sont aujourd’hui difficiles à trouver, j’ai de nombreuses envies. Le Chant du filament n’est que le début d’une collaboration, un défrichage qui permettra l’émergence d’autres projets qui pourront être soit de nouvelles installations soit des éclairages scéniques. Cette installation est source de multiples modes d’expression qui peuvent être « réinventés » à l’infini.

Concernant mes collaborations futures avec le milieu scientifique, cela dépendra des rencontres faites sur le terrain. Ma rencontre avec Jaime et Clément a cela de particulier que nous avons trouvé un niveau d'échange juste. Il ne s’agit pas d’avoir un discours 50% artistique et 50% scientifique : nous pouvons avoir des discussions 100 % artistiques qui, à un second niveau se révèlent être 100% scientifiques. On est sur le fil tout le temps : les enjeux techniques permettent de décrypter le sensible, et le contenu artistique met à l’épreuve les enjeux techniques. C’est pour cette raison que dans le cadre d’un travail comme celui du Chant du filament, nous sommes constamment dans l’échange, qu’il s’agisse de discussions de fond ou de savoir-faire. C’est ce qui enrichit l’œuvre et c'est ce qui m'offre, en tant qu'artiste, le juste recul.

Mise à jour le 25/04/2017