Renaud Cojo, du réel à l'invisible

"Par la preuve que le réel n'existe pas" est une performance réalisée par Renaud Cojo, présentée le 28 novembre 2015 à l'O.A.R.A - Molière Scène d'Aquitaine.

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Renaud Cojo, comédien, metteur en scène, auteur et performeur

Quelle est la genèse de ce projet de création autour de l’invisibilité ?

C’est la proposition par FACTS de faire une incursion dans un labo CNRSCentre national de la recherche scientifique du Centre de recherches Paul Pascal. Je ne travaille que très peu sur commande, plutôt sur initiative personnelle, mais l’instabilité produite par la contrainte, me stimule. Lors cette immersion dans le monde de la recherche, j’ai également ressenti cette violence du désir de création.

Précisément, quelles sont les similitudes entre la recherche scientifique et la vôtre ?

Cette étonnante aventure intérieure ressentie chez chacun des chercheurs rencontrés et leur capacité à se laisser surprendre, m’ont fait penser à ce qui m’anime et nourrit ma pratique. Mon travail de création, mon spectacle correspond finalement à leur propre recherche. Cette notion d’invisibilité sur laquelle ils travaillent me passionne. Elle correspond dans mon travail à la façon pour un artiste de s’absenter progressivement de son œuvre, de se rendre invisible.

Quelques mots sur cette création ?

Il s’agit de co-construire de la poésie avec le public et pas d’un théâtre-forum, ni une vulgarisation du scientifique. Le projet va se développer surtout sur le plateau, avec l’épreuve du plateau. La création de l’œuvre finale sera très loin du matériau initial car ce qui m’intéresse, c’est le vivant. Deux résidences, une première au Carré Les Colonnes, une deuxième à la Laiterie déboucheront sur une performance qui sera peut-être reproductible mais qui se nourrit d’une collecte d’images, de sons et des décalages qui se produisent sur le plateau.
J’ai choisi de travailler sur l’une des propriétés de la lumière qui est de rendre invisible le réel et je souhaite aller vers d’autres territoires, l’invisibilité sociale, culturelle. Mais il y a fort à douter que nous serons très loin de tout cela au final…

Mise à jour le 14/04/2017